Catégorie : Prévention & Bien-être

  • Périménopause : comprendre et soulager le déséquilibre hormonal

    Périménopause : comprendre et soulager le déséquilibre hormonal

    Il n’est pas rare de voir des femmes, à l’approche de la quarantaine, multiplier les consultations médicales et accumuler les diagnostics sans véritablement comprendre l’origine de leurs maux. Dépression, anxiété généralisée, hypothyroïdie infraclinique, fibromyalgie, ou encore insomnie sévère sont souvent évoqués. Trop souvent, la réponse médicale se résume à une fatalité liée à l’âge, une explication inacceptable face à des symptômes qui ont une cause biologique précise et des solutions concrètes. Ce bouleversement, souvent ignoré ou mal diagnostiqué, porte un nom : la périménopause.

    Ce guide exhaustif plonge au cœur des mécanismes biologiques de la périménopause, démystifie les fausses croyances autour des traitements hormonaux, et offre des stratégies fondées sur la science pour reprendre le contrôle de sa santé, de son métabolisme et de son bien-être mental.

    Qu’est-ce que la périménopause ? Comprendre le chaos hormonal

    La périménopause n’est pas la ménopause (qui se définit par l’arrêt complet des menstruations pendant 12 mois consécutifs). C’est la période de transition qui la précède, pouvant débuter dès 38, 40 ou 42 ans, et s’étendre sur une durée de 4 à 8 ans. Durant cette phase, le système reproductif ne s’éteint pas de manière linéaire et ordonnée ; il traverse une période de fluctuations intenses.

    La chute de la progestérone : Le premier domino

    Le premier changement hormonal majeur de la périménopause est la baisse soutenue et graduelle de la progestérone. Cette hormone ne sert pas uniquement à la reproduction. Au niveau cérébral, elle se convertit en un composé neuroactif qui se lie aux récepteurs GABA, agissant comme un calmant naturel. Sa diminution explique en grande partie l’apparition soudaine d’états d’anxiété chez des femmes qui n’y étaient pas sujettes auparavant.

    Les fluctuations erratiques des œstrogènes

    Contrairement à la progestérone, les niveaux d’œstrogènes ne chutent pas en ligne droite. Ils subissent des montagnes russes imprévisibles : excessivement élevés un mois, ils peuvent s’effondrer le mois suivant. Ces hormones communiquent en permanence avec le cerveau, le cœur, les os, l’intestin et le tissu adipeux. Lorsque les œstrogènes oscillent violemment, c’est l’ensemble des systèmes de régulation du corps qui perd son équilibre.

    Les symptômes méconnus : Bien plus que de simples bouffées de chaleur

    Les études récentes révèlent que près de 40 % des femmes reçoivent un diagnostic psychiatrique ou de trouble de l’humeur durant la périménopause (dépression, burn-out, anxiété). Pourtant, ces manifestations sont souvent la conséquence directe d’un déséquilibre neuro-hormonal.

    L’insomnie de 3 heures du matin : Une question de cortisol

    Se réveiller systématiquement au milieu de la nuit avec le cœur qui bat la chamade et l’esprit en ébullition n’est pas nécessairement le signe d’un trouble anxieux isolé. La chute de la progestérone prive le cerveau de son effet anxiolytique naturel. Parallèlement, le cortisol (l’hormone du stress) n’est plus correctement régulé pendant la nuit. Ce pic de cortisol nocturne déclenche une réponse d’alerte, rendant le rendormissement quasiment impossible.

    Le brouillard mental et les troubles cognitifs

    Oublier un mot, perdre le fil de sa pensée, ou avoir des difficultés de concentration sont des plaintes fréquentes. Les œstrogènes régulent la synthèse de neurotransmetteurs essentiels comme l’acétylcholine, la sérotonine et la dopamine. Le cerveau possède des récepteurs œstrogéniques dans les zones clés de la mémoire et de l’attention. Les fluctuations hormonales altèrent temporairement cette neurotransmission. Il ne s’agit pas d’un déclin cognitif, mais d’une perte temporaire du substrat chimique nécessaire au fonctionnement optimal du cerveau.

    La prise de poids inexpliquée et la graisse viscérale

    Même sans changement d’alimentation ou d’activité physique, de nombreuses femmes constatent un épaississement de la taille. La baisse des œstrogènes modifie la répartition des graisses, passant d’un profil dit « gynoïde » (hanches, cuisses) à un profil androïde ou viscéral (autour de l’abdomen). De plus, la sensibilité à l’insuline diminue, favorisant le stockage des graisses, tandis que l’élévation du cortisol accentue ce phénomène. C’est la biologie qui modifie ses règles, et non un manque de volonté.

    Les bouffées de chaleur : Un thermostat déréglé

    Les bouffées de chaleur résultent d’un dysfonctionnement au niveau de l’hypothalamus, le centre de régulation de la température du corps. Les neurones hypothalamiques utilisent les œstrogènes pour se calibrer. Leur chute provoque des fausses alertes : le cerveau croit à tort que le corps surchauffe, déclenchant des sueurs, des rougeurs et de la tachycardie pour dissiper cette chaleur inexistante.

    Le Traitement Hormonal Substitutif (THS) : La fin d’un dogme médical

    Pendant plus de deux décennies, la thérapie hormonale a été entourée d’une aura de peur, principalement à cause de l’étude « Women’s Health Initiative » (WHI) de 2002. Cette étude avait suggéré un lien avec le cancer du sein et les maladies cardiovasculaires, poussant des millions de femmes à arrêter leur traitement et les médecins à ne plus le prescrire.

    Les failles de l’étude WHI

    Aujourd’hui, la communauté scientifique a largement réévalué ces conclusions. Les biais de l’étude originelle étaient majeurs : l’âge moyen des participantes était de 63 ans (soit plus d’une décennie après le début de la ménopause), et les hormones utilisées étaient synthétiques et non bio-identiques. De plus, les risques rapportés étaient relatifs et non absolus, amplifiant de manière démesurée le danger perçu.

    Les nouvelles directives et preuves scientifiques

    Des études ultérieures, comme l’étude ELITE publiée dans le New England Journal of Medicine, ont démontré que lorsque le traitement hormonal est initié tôt (dès la périménopause), il offre en réalité un effet protecteur sur le système cardiovasculaire. Récemment, d’importantes agences de santé mondiales ont commencé à lever les avertissements les plus sévères pesant sur ces traitements.

    Les options thérapeutiques modernes

    • Œstrogènes transdermiques : Administrés sous forme de gels ou de patchs, ils contournent le métabolisme hépatique (le foie), offrant un profil de sécurité cardiovasculaire nettement supérieur aux formes orales.
    • Progestérone micronisée bio-identique : Cette forme est structurellement identique à celle produite par le corps, avec des profils d’innocuité très différents des progestatifs de synthèse utilisés au début des années 2000.
    • Testostérone : Bien que souvent considérée comme masculine, elle est essentielle pour les femmes, avec des preuves solides de son efficacité pour la libido, l’énergie et la préservation de la masse musculaire.

    Stratégies Naturelles et Habitudes de Vie : Reprendre le contrôle

    Le traitement hormonal n’est pas la seule voie, et il doit systématiquement s’accompagner d’une hygiène de vie rigoureuse. Voici les piliers fondamentaux pour traverser la périménopause de manière optimale.

    1. L’entraînement de force : Le meilleur médicament anti-âge

    Lever des poids n’est pas une question d’esthétique, c’est une nécessité métabolique. Des études cliniques (comme l’essai LiftMore) montrent que l’entraînement de résistance améliore la densité osseuse et réduit les risques de fractures. Le muscle est un organe endocrine qui régule la glycémie et le métabolisme. Développer sa masse musculaire à 40 ou 50 ans est l’assurance vie pour la santé et la mobilité à 80 ans.

    2. Une consommation protéique adéquate

    Avec l’âge, le corps développe une « résistance anabolique », ce qui signifie qu’il a besoin de plus de protéines pour maintenir et construire du muscle. L’objectif clinique recommandé est de 1,5 à 1,7 gramme de protéines par kilogramme de poids corporel par jour. Privilégiez les protéines de haute qualité (viandes maigres, œufs, poissons, laitages peu transformés), réparties équitablement à chaque repas.

    3. La gestion stratégique de l’alcool

    Pendant la périménopause, l’alcool n’est plus métabolisé de la même manière. Il aggrave considérablement les bouffées de chaleur, fragmente le sommeil (déjà fragile), et interfère avec le métabolisme hépatique des œstrogènes. Il n’est pas obligatoire de l’éliminer totalement, mais une réduction significative est fortement recommandée pour stabiliser le terrain hormonal.

    Les Examens Médicaux à Demander à son Médecin

    Pour obtenir un diagnostic précis et éviter la prescription de traitements inadaptés (comme les antidépresseurs pour des symptômes purement hormonaux), il est crucial de demander un bilan sanguin complet. Voici les marqueurs essentiels à vérifier, idéalement au 21ème jour du cycle menstruel (si les règles sont encore présentes) :

    • Hormones de base : FSH, LH, Estradiol, et surtout Progestérone.
    • Profil androgénique : Testostérone libre et totale, SHBG (Sex Hormone-Binding Globulin).
    • Santé métabolique : Insuline à jeun et post-prandiale, Hémoglobine glyquée (HbA1c).
    • Micronutriments et inflammation : Ferritine (réserves de fer) et Vitamine D (25-OH-D3).
    • Bilan thyroïdien complet : TSH, T3 libre et T4 libre.

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    Foire Aux Questions (FAQ)

    La thérapie de remplacement hormonal (THS) est-elle dangereuse pour le cœur ?

    Non, c’est même le contraire lorsqu’elle est commencée à temps. Les données médicales actuelles montrent que l’initiation d’un THS pendant la périménopause ou au début de la ménopause offre une protection cardiovasculaire. Les risques identifiés autrefois concernaient des femmes ayant commencé le traitement très tardivement (plus de 10 ans après la ménopause) avec des hormones synthétiques.

    Puis-je équilibrer mes hormones uniquement grâce à l’alimentation ?

    L’alimentation, riche en protéines et en micronutriments, est indispensable pour accompagner cette transition. Elle permet de gérer l’inflammation, de soutenir la masse musculaire et de réguler l’insuline. Cependant, l’alimentation seule ne peut pas remplacer le déclin physiologique de la production hormonale (notamment la chute massive d’œstrogènes et de progestérone). Une approche combinée est souvent la plus efficace.

    Combien de temps dure la périménopause ?

    Elle peut durer entre 4 et 8 ans. C’est une période de transition très individuelle. Les symptômes fluctuent dans le temps en fonction des pics et des chutes hormonales.

    Pourquoi ai-je mal aux articulations ?

    Les œstrogènes jouent un rôle clé dans la lubrification articulaire et la réduction de l’inflammation. Leur baisse entraîne souvent l’apparition de douleurs articulaires diffuses, parfois confondues à tort avec de l’arthrite précoce. Le traitement hormonal et une activité physique adaptée soulagent généralement ces douleurs.

    Est-il trop tard pour commencer la musculation ?

    Il n’est jamais trop tard. Le muscle répond au stimulus quel que soit l’âge. Commencer un entraînement de force progressif à 40, 50 ou 60 ans apporte des bénéfices métaboliques et osseux immédiats. Il est toutefois recommandé de se faire encadrer par un professionnel pour apprendre les bons mouvements et éviter les blessures.

    En conclusion, la périménopause n’est pas une maladie de l’âge, mais un changement de règles de votre biologie. Vous n’avez pas à subir ces symptômes en silence. Armée des bonnes informations, d’un suivi médical adapté basé sur des bilans complets, et d’une hygiène de vie optimisée, il est parfaitement possible de retrouver son énergie, sa clarté mentale et son bien-être général.

    Sources scientifiques et Bibliographie

    1. The Menopause Society — When women initiate estrogen therapy matters. Lien
    2. ACOG — Hormone Therapy for Menopause. Lien
    3. Advances in diagnosis and treatment of perimenopausal syndrome. PMC. Lien

    Avertissement

    Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical. Le traitement hormonal de la ménopause (THM/THS) est une décision individuelle à prendre avec un médecin, selon votre profil et vos antécédents.

  • Aliments ultra-transformés : ce que dit vraiment la science

    Aliments ultra-transformés : ce que dit vraiment la science

    Les aliments ultra-transformés ne posent pas seulement un problème de calories. À apport énergétique et nutritionnel identique, ils poussent à manger davantage — et leur consommation régulière est associée à un risque accru de maladies cardiovasculaires. Ce qui est en cause, ce n’est pas un nutriment précis, mais la transformation industrielle elle-même. Voici ce que montrent réellement les études, et comment faire le tri sans tomber dans la diabolisation.

    Sommaire

    C’est quoi, un aliment « ultra-transformé » ?

    Un aliment ultra-transformé est un produit industriel fabriqué à partir d’ingrédients qu’on n’a jamais dans sa cuisine : sirop de glucose-fructose, huiles hydrogénées, amidons modifiés, isolats de protéines, arômes et additifs « cosmétiques » (colorants, émulsifiants, édulcorants). C’est la quatrième catégorie de la classification NOVA, proposée en 2009 par l’épidémiologiste brésilien Carlos Monteiro.

    NOVA ne classe pas les aliments selon leurs calories, mais selon leur degré de transformation :

    • Groupe 1 — bruts ou peu transformés : fruits, légumes, œufs, viande, poisson, légumineuses, lait nature.
    • Groupe 2 — ingrédients culinaires : huile, beurre, sel, sucre, utilisés pour cuisiner.
    • Groupe 3 — transformés : pain au levain, fromage, conserves de légumes, poisson en boîte — quelques ingrédients, une transformation « domestique ».
    • Groupe 4 — ultra-transformés : sodas, charcuteries industrielles, céréales sucrées du petit-déjeuner, plats préparés, biscuits, nuggets, et bon nombre de produits estampillés « santé ».

    Le point clé : un aliment peut être « transformé » sans être « ultra-transformé ». Cette nuance change tout (on y revient plus bas).

    Le piège : à calories égales, on en mange plus

    C’est l’enseignement de l’essai clinique du NIH publié en 2019 (Hall et coll.). Vingt adultes ont vécu deux semaines en milieu hospitalier contrôlé, à manger à volonté : d’abord un régime ultra-transformé, puis un régime à base d’aliments bruts (ou l’inverse) — avec, sur le papier, la même quantité de calories, de sucre, de gras, de fibres et de protéines proposées.

    Le résultat est sans appel : pendant la phase ultra-transformée, les participants ont spontanément consommé environ 500 kcal de plus par jour (508 kcal en moyenne) et pris du poids ; l’inverse s’est produit avec les aliments bruts. C’est l’un des rares essais randomisés contrôlés sur le sujet : il ne montre pas une simple corrélation, mais bien un effet causal de la transformation sur la quantité que l’on mange.

    Pourquoi ils dérèglent la satiété

    Les ultra-transformés sont conçus pour être mangés vite et en quantité. Plusieurs mécanismes se cumulent :

    • Densité énergétique élevée : beaucoup de calories dans peu de volume, donc peu d’effet « estomac plein ».
    • Texture molle, mastication rapide : on avale avant que les signaux de satiété aient le temps d’arriver au cerveau.
    • Hyperpalatabilité : des combinaisons sucre-gras-sel quasi inexistantes dans la nature, qui court-circuitent les signaux de « stop ».
    • Fibres absentes ou raffinées : moins de rassasiement, et un impact sur les hormones de l’appétit comme le GLP-1 et la leptine.

    Autrement dit, le problème n’est pas (seulement) une question de volonté : ces produits sont formulés pour contourner vos signaux naturels de faim. C’est aussi l’histoire d’une industrie qui a longtemps minimisé le rôle du sucre.

    Au-delà du poids : les risques pour la santé

    La consommation régulière d’ultra-transformés est associée à davantage de maladies chroniques. La grande cohorte française NutriNet-Santé (Inserm), portant sur plus de 105 000 personnes, a montré qu’une augmentation de 10 % de la part d’ultra-transformés dans l’alimentation était associée à une hausse d’environ 12 % du risque de maladies cardiovasculaires (BMJ, 2019).

    Une nuance d’honnêteté s’impose : il s’agit d’une étude observationnelle, qui établit une association, pas une preuve directe de cause à effet. Mais elle converge avec d’autres grandes cohortes internationales (mortalité, diabète de type 2, surpoids), ce qui renforce le signal. Quand un essai contrôlé et plusieurs cohortes pointent dans la même direction, la prudence est justifiée.

    Faut-il bannir tout ce qui est transformé ?

    Non — et c’est important. « Transformé » n’est pas « ultra-transformé ». Congeler des légumes, faire du pain, mettre des sardines en conserve ou affiner un fromage, c’est de la transformation utile et ancienne. La cible, ce sont les produits du groupe 4, reconnaissables à leur liste d’ingrédients à rallonge et à leurs composants « de laboratoire ».

    L’objectif réaliste n’est pas le zéro absolu, mais la proportion : faire des aliments bruts la base de l’assiette, et reléguer l’ultra-transformé au rang d’exception. C’est d’ailleurs le sens des repères du Programme national nutrition santé (Santé publique France), qui invite à « aller vers » une réduction des aliments ultra-transformés.

    Ce qu’il faut retenir

    • Les ultra-transformés (NOVA groupe 4) se définissent par leur transformation industrielle, pas par leurs calories.
    • À calories égales, ils font manger ~500 kcal/jour de plus (essai contrôlé du NIH, 2019).
    • Ils dérèglent la satiété par leur densité, leur texture et leur hyperpalatabilité.
    • Leur consommation élevée est associée à un risque cardiovasculaire accru (NutriNet-Santé).
    • « Transformé » n’est pas « ultra-transformé » : c’est la proportion qui compte, pas la perfection.

    Que faire concrètement

    • Lisez la liste d’ingrédients avant le tableau nutritionnel : beaucoup d’ingrédients, des noms inconnus ou des additifs (sirop de glucose-fructose, « arôme », émulsifiants) = souvent un ultra-transformé.
    • Faites des aliments bruts la base de vos repas : légumes, fruits, œufs, légumineuses, céréales complètes, poisson.
    • Méfiez-vous des « faux sains » : céréales « fitness », barres protéinées, yaourts aromatisés, galettes soufflées… souvent ultra-transformés.
    • Cuisinez simple plutôt que parfait : un plat maison « moyen » bat presque toujours son équivalent industriel.
    • Ne culpabilisez pas sur l’exception : c’est la régularité qui fait la différence, pas l’écart occasionnel.

    Sources

    1. Hall KD, et al. (2019). Ultra-Processed Diets Cause Excess Calorie Intake and Weight Gain: An Inpatient Randomized Controlled Trial of Ad Libitum Food Intake. Cell Metabolism, 30(1), 67-77. Lien
    2. Srour B, Touvier M, et al. (2019). Ultra-processed food intake and risk of cardiovascular disease: prospective cohort study (NutriNet-Santé). BMJ, 365:l1451. Lien
    3. Monteiro CA, et al. (2019). Classification NOVA — Ultra-processed foods: what they are and how to identify them. Public Health Nutrition. Présentation
    4. Santé publique France — Programme national nutrition santé (PNNS), repères de consommation. mangerbouger.fr

    Avertissement

    Cet article est fourni à titre informatif et éducatif. Il ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas l’accompagnement d’un professionnel de santé. En cas de question sur votre alimentation ou votre santé, consultez votre médecin ou un diététicien-nutritionniste.

  • Baisse de testostérone après 30 ans : ce qui est vrai (et quoi faire)

    Baisse de testostérone après 30 ans : ce qui est vrai (et quoi faire)

    Oui, la testostérone baisse avec l’âge — mais lentement, d’environ 1 % par an après 30 ans. Cette baisse, à elle seule, explique rarement la fatigue ou la chute de libido. Le mode de vie (surpoids, mauvais sommeil, sédentarité, stress) pèse souvent bien plus lourd que l’âge. Avant d’envisager un traitement hormonal, c’est là qu’il faut agir — et faire un bilan sanguin complet, qui ne se limite pas à la testostérone totale.

    Sommaire

    La baisse liée à l’âge : réelle mais modeste

    En moyenne, la testostérone totale diminue d’environ 1 % par an après 30 ans. Les études longitudinales les plus fines trouvent même un peu plus pour les fractions actives : autour de 1,6 % par an pour la testostérone totale, et 2 à 3 % pour la testostérone libre et biodisponible. Concrètement, à 50 ans, beaucoup d’hommes ont perdu 20 à 30 % de leur pic de jeunesse.

    Mais attention : « un peu bas pour l’âge » ne veut pas dire « symptomatique ». Beaucoup d’hommes avec une testostérone dans la fourchette basse se portent très bien, tandis que d’autres ressentent des symptômes avec des chiffres « normaux ». Le nombre seul ne fait jamais le diagnostic.

    Le rôle clé de la testostérone libre et de la SHBG

    La plupart des bilans de routine ne dosent que la testostérone totale. Or l’essentiel de cette hormone circule liée à une protéine de transport, la SHBG (sex hormone-binding globulin), qui la rend inactive. Seule une petite fraction — la testostérone libre (et biodisponible) — peut réellement entrer dans les cellules et y agir.

    Avec l’âge, et surtout en cas d’hyperthyroïdie, de maigreur excessive ou de certaines situations, la SHBG augmente : on peut alors avoir une testostérone totale « normale » mais une testostérone libre basse. À l’inverse, le surpoids et la résistance à l’insuline font souvent baisser la SHBG. C’est pourquoi un dosage de testostérone totale isolé peut être trompeur.

    Ce qui fait vraiment chuter la testostérone (et qui est souvent réversible)

    • L’excès de graisse viscérale : le tissu adipeux produit de l’aromatase, une enzyme qui convertit la testostérone en œstrogènes. Plus de graisse abdominale = plus de conversion.
    • Le manque de sommeil : la testostérone se sécrète surtout pendant le sommeil profond. Quelques nuits trop courtes suffisent à faire baisser les niveaux du matin.
    • La sédentarité et la fonte musculaire : l’activité physique, en particulier le renforcement, soutient la production.
    • Le stress chronique : un cortisol durablement élevé s’oppose à la testostérone.
    • L’alcool, certains médicaments et carences (sommeil, zinc, vitamine D) jouent aussi.

    Fait notable : à âge égal, les niveaux moyens ont baissé au fil des décennies, ce qui pointe vers le mode de vie et l’environnement plus que vers le seul vieillissement.

    Symptômes : ce qui doit alerter (sans tout attribuer à la testostérone)

    Baisse de libido, fatigue, baisse de moral, perte de muscle, prise de graisse, troubles de l’érection : ces signes peuvent évoquer un déficit, mais ils sont peu spécifiques. Le manque de sommeil, la dépression, le stress ou un trouble métabolique donnent exactement les mêmes symptômes. D’où l’importance d’un bilan objectif plutôt que d’un autodiagnostic.

    Pourquoi ne pas se précipiter sur les injections

    Face à ces symptômes, beaucoup se tournent vers la testostérone synthétique. Mais ce n’est pas un « booster de confort » : c’est un traitement médical, réservé à un hypogonadisme réellement diagnostiqué. La testostérone exogène met en veille la production naturelle (avec un risque sur la fertilité), peut épaissir le sang (hématocrite) et impose une surveillance (prostate, globules rouges). Surtout, elle ne corrige pas la cause si celle-ci est un mauvais sommeil ou un surpoids. C’est une décision à prendre avec un médecin — jamais en automédication ni via des produits achetés en dehors du circuit médical.

    Ce qu’il faut retenir

    • Baisse d’environ 1 %/an après 30 ans : réelle mais lente.
    • C’est la testostérone libre (et la SHBG) qui compte, pas seulement la totale.
    • Surpoids, sommeil, sédentarité et stress pèsent souvent plus que l’âge.
    • Les symptômes sont peu spécifiques : un bilan objectif est indispensable.
    • La TRT est un traitement médical encadré, pas un complément de bien-être.

    Que faire concrètement

    • Priorité au sommeil (voir notre guide sommeil après 40 ans).
    • Réduisez la graisse viscérale via l’alimentation et l’activité (métabolisme).
    • Renforcement musculaire 2-3 fois par semaine.
    • Bilan complet : testostérone totale ET libre, SHBG, glycémie/insuline à jeun, vitamine D.
    • Consultez si les symptômes persistent : c’est au médecin de poser le diagnostic.

    Sources

    1. Stanworth RD, Jones TH. Testosterone for the aging male: current evidence and recommended practice. PMC. Lien
    2. Cleveland Clinic. Why Are Testosterone Levels Declining? Lien
    3. Understanding the Secular Decline in Testosterone. PMC. Lien

    Avertissement

    Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical. Un dosage hormonal et toute décision de traitement relèvent d’un médecin.