La cannelle est une épice tirée de l’écorce de certaines espèces du genre Cinnamomum, dont il existe deux grandes variétés : la cannelle de Ceylan, souvent considérée comme la « vraie » cannelle, et la cannelle Cassia, la plus répandue et la moins chère. La différence ne tient pas qu’au goût : la Cassia contient beaucoup plus de coumarine, un composé potentiellement toxique pour le foie à dose élevée. Consommée raisonnablement, la cannelle apporte de réels bénéfices, notamment sur la glycémie, le cholestérol et l’inflammation, à condition de choisir la bonne variété et la bonne dose.
Quelle est la différence entre la cannelle de Ceylan et la cannelle Cassia ?
La cannelle de Ceylan et la cannelle Cassia proviennent de deux arbres différents du genre Cinnamomum, et elles ne se valent pas sur le plan de la composition. La cannelle de Ceylan (Cinnamomum verum, autrefois appelée Cinnamomum zeylanicum) est originaire du Sri Lanka et du sud de l’Inde. Ses bâtonnets sont fins, friables et enroulés en plusieurs couches ; sa couleur est claire et son goût doux et subtil. La cannelle Cassia (Cinnamomum cassia ou aromaticum) vient surtout de Chine. Ses bâtonnets sont épais, durs, enroulés en une seule couche, d’une couleur brun foncé, avec un goût plus fort et plus âcre. C’est elle que l’on trouve le plus souvent en supermarché, car elle est moins coûteuse.
La grande différence se joue sur un composé appelé coumarine. La Cassia en contient de 0,2 à 0,8 %, tandis que la Ceylan en contient à peine 0,004 %, une quantité négligeable. Lorsqu’une étiquette mentionne simplement « cannelle » sans préciser la variété, il s’agit presque toujours de Cassia.
Quels sont les bienfaits de la cannelle sur la glycémie et le diabète ?
La cannelle améliore modestement la sensibilité à l’insuline et aide à faire baisser la glycémie chez les personnes atteintes de diabète de type 2. Une méta-analyse de référence publiée dans Annals of Family Medicine (Allen et al., 2013) a regroupé les essais cliniques disponibles : la consommation de cannelle réduit la glycémie à jeun et l’hémoglobine glyquée (HbA1c), mais l’ampleur de l’effet reste limitée.
Concrètement, la cannelle agit en facilitant l’entrée du glucose dans les cellules, ce qui évite que le sucre ne s’accumule dans le sang. Il ne faut toutefois pas la considérer comme un traitement à part entière : elle ne remplace ni les médicaments prescrits ni une alimentation équilibrée. Elle s’inscrit plutôt comme un complément utile dans la prise en charge. Pour mieux reconnaître les signes d’un diabète déséquilibré, vous pouvez consulter notre article sur les signes nocturnes du diabète de type 2.
Quel effet la cannelle a-t-elle sur le cholestérol et la santé cardiovasculaire ?
La cannelle contribue à réduire les triglycérides et le cholestérol LDL, ainsi qu’à faire baisser légèrement la tension artérielle. Une revue systématique consacrée à la cannelle de Ceylan (Ranasinghe et al., 2013) recense des effets favorables sur le profil lipidique et sur plusieurs marqueurs de risque cardiovasculaire, tandis que la méta-analyse d’Allen et al. (2013) confirme la réduction des triglycérides et du cholestérol total.
Ces effets restent là encore modestes et s’ajoutent, sans les remplacer, aux mesures qui ont fait leurs preuves. Si le sujet vous intéresse, retrouvez les alternatives naturelles validées par la science pour contrôler le cholestérol.
La cannelle a-t-elle des propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes ?
Oui, la cannelle possède une activité antioxydante et anti-inflammatoire, portée par des composés comme le cinnamaldéhyde, l’eugénol et le linalol. Ces molécules contribuent à neutraliser les radicaux libres et à stimuler des enzymes antioxydantes de l’organisme, dont la superoxyde dismutase, la première ligne de défense contre le stress oxydatif.
Sur le plan de l’inflammation, le cinnamaldéhyde inhibe notamment la production de certaines molécules pro-inflammatoires comme le TNF-alpha et module des facteurs de signalisation tels que le facteur nucléaire NF-kappa B. Ces mécanismes, largement documentés en laboratoire, expliquent une partie des effets observés sur la glycémie et le cœur. La cannelle rejoint ainsi d’autres épices aux vertus anti-inflammatoires, à l’image du curcuma et de ses effets sur l’inflammation.
La cannelle peut-elle protéger le cerveau et la mémoire ?
Des travaux suggèrent un potentiel neuroprotecteur de la cannelle, notamment contre la maladie d’Alzheimer et la maladie de Parkinson, mais l’essentiel des données reste préclinique. Une revue publiée dans Pharmacological Research (Momtaz et al., 2018) conclut que la cannelle et ses composés agissent sur plusieurs mécanismes liés à la neurodégénérescence : le stress oxydatif, l’inflammation et la résistance à l’insuline.
Il s’agit toutefois d’études réalisées en laboratoire ou sur des modèles animaux, et non de preuves chez l’être humain. La cannelle ne prévient ni ne traite la maladie d’Alzheimer. Elle s’inscrit simplement dans une alimentation riche en composés protecteurs, qui peut participer à la santé du cerveau sur le long terme.
Qu’est-ce que la coumarine et pourquoi faut-il limiter la cannelle Cassia ?
La coumarine est un composé naturellement présent en grande quantité dans la cannelle Cassia, qui peut endommager le foie lorsqu’il est consommé en excès. La toxicité hépatique de la coumarine est bien documentée chez l’être humain : les autorités sanitaires européennes ont fixé une dose journalière tolérable de 0,1 mg par kilogramme de poids corporel (Abraham et al., 2010).
Concrètement, une seule cuillère à café de cannelle Cassia (environ 2,5 g) peut déjà dépasser cette limite pour un adulte de 60 kg, car cette variété peut contenir près de 1 % de coumarine. À l’inverse, la cannelle de Ceylan en contient si peu qu’elle peut être consommée plus librement. C’est la raison pour laquelle il est préférable de privilégier la cannelle de Ceylan, surtout si vous en consommez régulièrement.
Comment consommer la cannelle au quotidien et à quelle dose ?
La dose étudiée pour obtenir les bénéfices se situe entre 1 et 6 g par jour, mais pour la Cassia, mieux vaut ne pas dépasser environ 1 g par jour en raison de la coumarine. Les gélules vendues en complément contiennent souvent 300 à 500 mg : il faudrait en prendre plusieurs pour atteindre les doses des études, ce qui rend la cannelle en poudre souvent plus économique et plus simple à intégrer.
La manière la plus simple est de saupoudrer une à deux pincées de cannelle de Ceylan sur un yaourt, une compote, un porridge ou dans une boisson chaude, ou encore de l’ajouter aux préparations de légumes et aux compotes de fruits. En infusion, un bâton de cannelle dans de l’eau chaude apporte aussi ses composés aromatiques et peut aider à soulager les sensations d’inconfort digestif. Si vous suivez un traitement anticoagulant ou antidiabétique, ou si vous êtes enceinte, parlez-en à votre médecin avant d’en consommer de grandes quantités.
Ce qu’il faut retenir
- La cannelle de Ceylan et la cannelle Cassia diffèrent surtout par leur teneur en coumarine : élevée dans la Cassia, quasi nulle dans la Ceylan.
- La cannelle améliore modestement la glycémie et la sensibilité à l’insuline chez les diabétiques de type 2, sans remplacer les traitements.
- Elle réduit légèrement les triglycérides et le cholestérol LDL, avec un effet favorable sur le risque cardiovasculaire.
- La coumarine de la cannelle Cassia est toxique pour le foie à dose élevée : ne pas dépasser environ 1 g par jour de Cassia.
- La cannelle de Ceylan est la variété à privilégier pour une consommation régulière.
Que faire concrètement
- Choisir de la cannelle de Ceylan (étiquette « Ceylan » ou Cinnamomum verum) plutôt que la Cassia générique.
- Consommer 1 à 6 g par jour pour les bénéfices, en restant sous 1 g par jour si vous utilisez de la Cassia.
- Saupoudrer la cannelle sur les yaourts, compotes, porridges ou boissons chaudes, plutôt que de multiplier les gélules.
- En cas de traitement anticoagulant ou antidiabétique, ou de grossesse, demander l’avis d’un professionnel de santé.
Sources
- Allen R, Schwartzman E, Baker W, Coleman C, Phung O (2013). Cinnamon use in type 2 diabetes: an updated systematic review and meta-analysis. The Annals of Family Medicine. Lien
- Ranasinghe P, Pigera S, Premakumara G, Galappaththy P, Constantine G, Katulanda P (2013). Medicinal properties of « true » cinnamon (Cinnamomum zeylanicum): a systematic review. BMC Complementary and Alternative Medicine. Lien
- Abraham K, Wöhrlin F, Lindtner O, Heinemeyer G, Lampen A (2010). Toxicology and risk assessment of coumarin: focus on human data. Molecular Nutrition & Food Research. Lien
- Momtaz S, Hassani S, Khan F, Ziaee M, Abdollahi M (2018). Cinnamon, a promising prospect towards Alzheimer’s disease. Pharmacological Research. Lien
Avertissement
Cet article a une visée informative et ne remplace en aucun cas un avis médical. Les informations présentées ne constituent pas un conseil thérapeutique : ne modifiez ni n’arrêtez jamais un traitement sans l’accord de votre médecin. En cas d’urgence, contactez le 15 ou le 112.









