La tomate n’est pas qu’un simple ingrédient de salade : ses composés, au premier rang desquels le lycopène, sont associés à des effets modestes mais réels sur le cholestérol et la tension artérielle. Elle ne « guérit » ni l’hypercholestérolémie ni l’hypertension, mais, intégrée à une alimentation variée, elle peut contribuer à protéger vos artères.
La tomate fait-elle vraiment baisser le cholestérol ?
Oui, mais l’effet est modeste et ne remplace en rien un suivi médical. Une méta-analyse portant sur 21 essais contrôlés (Cheng 2017) montre que la consommation de produits à base de tomate réduit le « mauvais » cholestérol LDL d’environ 0,22 mmol/L. Ce résultat mérite toutefois d’être nuancé : un essai mené chez 225 adultes en surpoids modéré (Thies 2012) n’a pas retrouvé d’effet significatif sur le cholestérol sanguin après 12 semaines de régime riche en tomate. Le bénéfice semble donc réel chez certaines personnes, mais variable selon les individus et les quantités consommées. Le mécanisme le plus souvent avancé est antioxydant : en limitant l’oxydation des particules LDL, le lycopène freinerait l’étape qui mène à la formation de la plaque d’athérome dans les artères. Si le cholestérol vous préoccupe, cet article sur les mythes du cholestérol peut vous aider à y voir plus clair.
Quel est l’effet de la tomate sur la tension artérielle ?
Il est modeste, et surtout observé en cas d’hypertension légère, dite de grade 1. La méta-analyse de Cheng (2017) rapporte une baisse d’environ 5,7 mmHg de la pression systolique avec une supplémentation en lycopène. L’analyse observationnelle PREDIMED (Murcia-Lesmes 2024), qui a suivi plus de 7 000 personnes à haut risque cardiovasculaire, va dans le même sens : une consommation de plus de 110 g de tomate par jour était associée à un risque d’hypertension réduit d’environ 36 %. Ces données suggèrent un effet favorable, mais la tomate ne remplace jamais un traitement antihypertenseur prescrit : elle s’y ajoute comme un simple levier alimentaire. Pour aller plus loin, découvrez comment faire baisser naturellement sa tension.
Pourquoi le lycopène est-il le composé clé de la tomate ?
Parce qu’il s’agit de l’antioxydant le plus abondant et le plus étudié de ce fruit. Le lycopène est un caroténoïde, le pigment qui donne à la tomate sa couleur rouge, mais — contrairement au bêta-carotène — il ne se convertit pas en vitamine A. Son intérêt réside dans sa capacité antioxydante : en neutralisant l’excès de radicaux libres, il contribuerait à réduire le stress oxydatif impliqué dans les maladies cardiovasculaires et cérébrovasculaires. Les essais montrent par ailleurs une amélioration de la fonction endothéliale, c’est-à-dire la capacité des vaisseaux à se dilater, de l’ordre de 2,5 % dans la méta-analyse de Cheng.
La tomate cuite ou transformée est-elle plus intéressante que la tomate crue ?
Oui, pour le lycopène. La cuisson et la transformation (coulis, purée, concentré) cassent les parois des cellules et rendent le lycopène beaucoup plus disponible pour l’organisme. Un travail sur le concentré de tomate (Reboul 2005) a ainsi mesuré une absorption de lycopène augmentée d’environ 34 % par rapport à une pâte classique. Le lycopène étant liposoluble, l’ajouter à un peu de matière grasse, comme l’huile d’olive, améliore encore son assimilation. Concrètement, une sauce tomate mijotée avec un filet d’huile d’olive est une excellente façon de profiter de ses bienfaits.
Quels autres nutriments la tomate apporte-t-elle ?
La tomate ne se résume pas au lycopène. Elle contient de la vitamine C et de la vitamine E, toutes deux antioxydantes, de la vitamine K, utile à la coagulation et à la santé osseuse, ainsi que du magnésium et du potassium. Le potassium est particulièrement intéressant pour la tension : il favorise la relaxation des parois des vaisseaux sanguins. Elle renferme enfin du bêta-carotène, précurseur de la vitamine A, utile à la vision et à l’immunité. Pour comprendre l’importance de ce minéral, lisez notre article sur le rôle du potassium pour le cœur.
La tomate peut-elle provoquer des reflux ou des brûlures d’estomac ?
Chez les personnes sensibles, oui, en particulier sous forme de sauces très réduites ou de concentrés. Ces préparations concentrées peuvent relâcher le sphincter qui ferme le bas de l’œsophage et favoriser la remontée acide. Ce n’est pas le cas de tout le monde : beaucoup de personnes consomment de la tomate quotidiennement sans aucun symptôme. Si vous êtes sujet au reflux, mieux vaut éviter les sauces tomates très réduites le soir et observer votre propre tolérance.
La tomate gêne-t-elle l’absorption du fer ?
Oui, c’est un point méconnu. Certains composés végétaux de la tomate peuvent réduire l’absorption du fer non héminique, celui que l’on trouve dans les végétaux, les légumineuses et les compléments alimentaires. Si vous souffrez d’une carence en fer ou d’anémie et que vous prenez un supplément de fer, mieux vaut éviter de consommer de la tomate ou du piment au même repas que vos sources de fer. Dans le cas contraire, cette interaction reste sans conséquence.
Ce qu’il faut retenir
- La tomate est associée à un effet modeste mais réel sur le cholestérol LDL et la tension, surtout en cas d’hypertension légère.
- Le lycopène, son principal antioxydant, est mieux absorbé quand la tomate est cuite ou transformée, idéalement avec un peu de matière grasse.
- Les résultats varient selon les études : certaines n’ont pas retrouvé d’effet sur les marqueurs classiques chez des adultes en surpoids modéré.
- La tomate n’est pas un médicament : elle complète, sans jamais remplacer, un traitement contre l’hypertension ou le cholestérol.
- Attention au reflux avec les sauces réduites, et à l’interaction avec le fer chez les personnes carencées.
Que faire concrètement
- Consommez la tomate sous toutes ses formes : crue en salade, en coulis, ou en sauce mijotée avec de l’huile d’olive.
- Visez la régularité plutôt qu’une « dose » précise : aucune quantité officielle n’est établie.
- En cas d’hypertension, considérez la tomate comme un levier alimentaire complémentaire, jamais comme un substitut de traitement.
- En cas de reflux, limitez les sauces tomates réduites le soir.
- En cas de carence en fer, séparez la prise de fer des repas riches en tomate. D’autres aliments peuvent aussi soutenir votre cœur, comme le jus de céleri.
Sources
- Cheng HM, Koutsidis G, Lodge JK, Ashor A, et al. (2017). Tomato and lycopene supplementation and cardiovascular risk factors: A systematic review and meta-analysis. Atherosclerosis. 10.1016/j.atherosclerosis.2017.01.009
- Murcia-Lesmes D, Domínguez-López I, Laveriano-Santos EP, Tresserra-Rimbau A, et al. (2024). Association between tomato consumption and blood pressure in an older population at high cardiovascular risk: observational analysis of PREDIMED trial. European Journal of Preventive Cardiology. 10.1093/eurjpc/zwad363
- Reboul E, Borel P, Mikail C, Abou L, et al. (2005). Enrichment of tomato paste with 6% tomato peel increases lycopene and beta-carotene bioavailability in men. The Journal of Nutrition. 10.1093/jn/135.4.790
- Thies F, Masson LF, Rudd A, Vaughan N, et al. (2012). Effect of a tomato-rich diet on markers of cardiovascular disease risk in moderately overweight, disease-free, middle-aged adults: a randomized controlled trial. The American Journal of Clinical Nutrition. 10.3945/ajcn.111.026286
Avertissement
Cet article a une visée informative et ne remplace pas un avis médical. Il ne constitue pas une incitation à modifier ou à arrêter un traitement. En cas de symptômes persistants ou de question sur votre santé cardiovasculaire, consultez un professionnel de santé. En cas d’urgence, contactez le 15 (SAMU) ou le 112.

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