Infarctus : les gestes qui sauvent (et les erreurs à éviter)

Infarctus : les gestes qui sauvent (et les erreurs à éviter)

L’infarctus du myocarde (« crise cardiaque ») est une urgence vitale : chaque minute compte. Mais beaucoup d’informations qui circulent sont fausses ou dangereuses. Le geste le plus important n’est pas de chercher un médicament : c’est d’appeler immédiatement les secours. Voici ce que disent réellement les recommandations officielles — et les erreurs à éviter.

Reconnaître les signes

Le signe le plus fréquent est une douleur ou une oppression au centre de la poitrine (sensation de serrement, de poids), qui peut irradier vers un bras (souvent le gauche), la mâchoire, le cou, le dos ou l’estomac. Elle s’accompagne souvent de sueurs froides, d’un essoufflement, de nausées ou d’un malaise. Attention aux formes atypiques (femmes, personnes diabétiques ou âgées) : parfois pas de douleur typique, mais une fatigue intense, un essoufflement ou une gêne digestive. Dans le doute, on agit.

Geste n°1 : appeler les secours, tout de suite

C’est la priorité absolue. Composez le 15 (SAMU) ou le 112 (numéro d’urgence européen). N’attendez pas que « ça passe », ne prenez pas votre voiture pour conduire vous-même, et ne retardez pas l’appel pour aller chercher un médicament. Décrivez clairement les symptômes et suivez les instructions de l’opérateur, qui vous guidera.

Geste n°2 : se mettre au repos et rester calme

Arrêtez tout effort. Installez-vous en position assise ou semi-assise, le dos calé, dans la position la plus confortable pour respirer. Desserrez les vêtements serrés et essayez de rester calme : la panique accélère le cœur et augmente sa consommation d’oxygène. Si vous êtes seul(e), déverrouillez la porte pour faciliter l’accès des secours.

Geste n°3 : l’aspirine, seulement si on vous le dit

L’aspirine peut limiter la formation du caillot, mais elle ne se prend pas systématiquement : prenez-en uniquement si l’opérateur du 15/112 ou un médecin vous le recommande, et en l’absence de contre-indication (allergie, saignement, certains traitements). Si c’est le cas, l’aspirine se croque (à mâcher) pour une action plus rapide, à la dose indiquée par les secours. Ne perdez jamais de temps à chercher de l’aspirine avant d’avoir appelé.

Si la personne perd connaissance : réanimation et défibrillateur

C’est le geste qui sauve le plus de vies et qu’il ne faut pas oublier. Si la personne s’effondre, ne réagit plus et ne respire pas normalement :

  • Appelez (ou faites appeler) le 15/112 et signalez l’arrêt.
  • Commencez un massage cardiaque : poussez fort et vite au centre de la poitrine, environ 100 à 120 compressions par minute (la réanimation « mains seules » suffit si vous n’êtes pas formé).
  • Utilisez un défibrillateur automatisé externe (DAE) s’il y en a un à proximité : il vous guide vocalement.

Les mythes à oublier

  • La « toux qui sauve » (cough CPR) : tousser pour « relancer » son cœur est un mythe dangereux. Ne comptez pas dessus.
  • Boire ou manger : à éviter (risque si perte de connaissance).
  • Attendre allongé que ça passe : c’est la pire option — on appelle le 15/112.

Mieux vaut prévenir

Un infarctus se prépare sur des années. Les principaux leviers : ne pas fumer, contrôler la tension, le cholestérol (LDL) et la glycémie, bouger régulièrement, et limiter les aliments ultra-transformés.

Ce qu’il faut retenir

  • Infarctus = urgence : appeler le 15 ou le 112 immédiatement, avant tout le reste.
  • Se mettre au repos, assis, et rester calme.
  • Aspirine seulement sur avis des secours et sans contre-indication.
  • Si la personne s’effondre et ne respire plus : massage cardiaque + défibrillateur.
  • « Toux qui sauve » = mythe.

Sources

  1. Mayo Clinic. Heart attack: First aid. Lien
  2. MedlinePlus. Heart attack first aid. Lien
  3. American Heart Association. First Aid Guidelines. Lien

Avertissement

Cet article est informatif et ne remplace pas une formation aux premiers secours ni un avis médical. Face à une suspicion d’infarctus, appelez sans délai le 15 (SAMU) ou le 112.

Cet article vous a plu ? Partagez-le :

Recevez notre newsletter santé

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *